Styx : Blades of Greed [Xbox Series X]
Vous connaissez Styx ? Si ce n’est pas le cas, sachez qu’il s’agit d’un gobelin particulièrement en verve et virtuose de la furtivité. D’abord personnage des jeux de la licence Of Orcs and Men, le gobelin à la langue aussi acérée que ses dagues a eu droit à sa propre série de jeux. Styx – Master of Shadows, sorti en 2014, avait été une très bonne surprise. Sa suite, Shards of Darkness, sortie en 2017, ancrera définitivement la licence comme une valeur sûre des jeux de furtivité.
Blades of Greed se sera donc fait attendre puisqu’il aura fallu 9 ans avant que les développeurs français de chez Cyanide nous proposent enfin la suite des aventures de notre gobelin préféré. Un nouvel opus annoncé comme plus ambitieux. Cyanide, studio d’une taille modeste, a pris des risques en tentant d’outrepasser son statut de faiseur de jeux AA pour essayer d’imposer Styx comme une référence absolue de la furtivité. Pari réussi à l’arrivée ? C’est ce que nous allons voir.

Assassin’s Greed
Blades of Greed vous plonge immédiatement dans le bain puisqu’il reprend directement après la fin de Shards of Darkness. Styx et ses alliés de circonstance se retrouvent en fâcheuse posture et leur dirigeable s'écrase non loin du Mur, une gigantesque construction séparant le royaume des hommes de celui des orques. Une fois remis de leurs émotions, nos protagonistes, et plus particulièrement Styx, vont se mettre en quête d’un matériau appelé quartz qui possède des propriétés étonnantes et que Styx semble en mesure d’absorber. Un Styx qui, une fois n’est pas coutume, va encore se retrouver embarqué dans une histoire qui le dépasse.
Sans réinventer la roue, ce 3e opus fait effectivement évoluer la licence. Pour les 2 premiers jeux, le gobelin enchaînait les missions dans des maps ouvertes d’une taille respectable en devant aller d’un point A à un point B. Ici, Cyanide a vu les choses en grand puisque Blades of Greed propose de loin le plus grand terrain de jeu jamais vu dans la licence. Ainsi, le joueur va devoir se balader principalement dans 3 maps qui impressionnent non seulement par leur taille mais également par leur verticalité. Avec de multiples points d’entrée et des objectifs variés, chaque visite de l’une des 3 zones se révèle être un vrai plaisir. Celle du Mur impressionne tout particulièrement avec son level design très travaillé qui va des égouts de la ville aux plus hauts sommets où se trouvent les quartiers nobles. Les possibilités sont nombreuses et s’étoffent encore à mesure que l’on progresse dans le jeu et que Styx entre en possession de gadgets lui permettant d’explorer de nouvelles parties de map jusque-là inaccessibles. Passer par les petites ouvertures à même le sol, escalader les murs et sauter de toit en toit, utiliser le grappin ou le planeur pour atteindre des endroits stratégiques sont autant de méthodes qu’il faudra utiliser pour permettre à Styx de remplir ses objectifs sans se faire voir. Une furtivité qui reste toujours l’axe principal du jeu tant notre héros à la peau verte reste chétif et vulnérable quand il s’agit de combattre.
Mais n’allez pas croire pour autant qu’il est inoffensif car c’est loin d’être le cas. Styx est également un assassin hors pair. Il peut poignarder discrètement n’importe quel ennemi de base avant de déplacer son corps pour le cacher ou de le dissoudre avec une fiole d’acide. Pour les adversaires plus imposants physiquement ? Rien de tel qu’un lustre qui dégringole du plafond comme si la corde qui le fixait avait été mystérieusement tranchée par une dague ou qu’une réserve d’eau subitement empoisonnée. Styx peut également attirer les ennemis en sifflant, éteindre les torches pour profiter de la pénombre ou encore tirer des fléchettes. Et ce n’est toujours pas tout car il a également, au fil de ses aventures passées, acquis certains pouvoirs qui vont encore s’étoffer ici, notamment grâce au fameux quartz. Styx peut se rendre invisible ou créer un clone de lui-même pour faire diversion. Il peut également prendre brièvement possession de l’esprit d’un ennemi ou encore ralentir le temps. Et ce ne sont là que des exemples, nous préférons laisser un peu de surprises aux joueurs quant à l'étendue des capacités du gobelin. Bien évidemment, ces pouvoirs consomment de l’ambre, une ressource que Styx pourra voler à des ennemis ou fabriquer lui-même via le système de craft du jeu, un craft qui permet également de créer bien d’autres choses comme des potions de santé, des fléchettes, etc.
Bref, vous l’aurez compris, Cyanide n’a pas fait semblant. En proposant 3 terrains de jeu aussi immenses que fun à parcourir, en agrandissant encore le panel d’actions et de pouvoirs de Styx, ils ont bel et bien fait de Blades of Greed l’opus le plus ambitieux de la licence. Et il est bon de noter qu’en plus des 3 grandes maps, il en existe d’autres, plus restreintes, qui ne seront disponibles que le temps d’une mission.
En plus de la quête principale qui vous demandera d’écumer ces vastes niveaux, vous pourrez également compter sur du contenu annexe qui vous proposera de récupérer des choses pour certains membres de votre équipe. C’est totalement optionnel mais loin d’être inintéressant car ça agrandit encore l’éventail des possibilités du jeu avec notamment les runes qui permettront à Styx d’obtenir des bonus passifs pour l’exploration (mieux repérer certains items) ou pour le combat.
Un mot sur l’IA pour dire que cette dernière se comporte globalement bien. Les ennemis sont variés et vous repèrent assez facilement si vous ne faites pas attention sans pour autant que ce soit abusé. Certains vous repèrent à la vue, d’autres au son. Rien de révolutionnaire mais ça fait le travail sans frustrer le joueur.
Tout cela fait de Blades of Greed un mets de choix pour ceux qui aiment les jeux basés à fond sur la furtivité tant ce dernier se veut généreux et souvent jouissif. Le tout avec un protagoniste toujours aussi attachant avec sa gueule cassée et ses répliques acerbes.

Les pieds dans le tapis
Malheureusement tout n’est pas tout rose… ou tout vert et si Cyanide a globalement réussi à bien faire évoluer sa licence avec ce jeu, le studio s’est quand même un peu pris les pieds dans le tapis sur certains aspects.
Graphiquement, Blades of Greed est propre. C’est grand, plutôt beau, doté d’une DA maîtrisée et ça tourne bien avec un jeu fluide en toute circonstance ou presque, ce qui n’est pas forcément acquis quand on sait qu’il utilise l’Unreal Engine. Pour autant, il n’est pas rare de voir des textures apparaître en retard (surtout pendant les cinématiques) ou des soucis de clipping. Les effets lumineux provoquent parfois des scintillements désagréables et certaines zones d’ombre s'affichent de manière un poil buggée. Il y a également des soucis de finition. Entre certains ennemis coincés dans le sol, des bugs de collision avec certaines parties du décor ou encore des scripts qui se déclenchent mal, il y a quand même des choses qui font vraiment tiquer. Recharger une sauvegarde est parfois nécessaire, manipulation que nous avons dû faire 2 ou 3 fois quand même. Un système de sauvegarde qui s’est même mis à buguer mystérieusement en empêchant de créer une nouvelle save, ce qui nous a obligés à recommencer une séquence de jeu assez longue. Rien qui ne soit pas corrigeable via quelques patchs mais ça fait quand même vraiment tache. Cependant, il y a un bon point à noter concernant les sauvegardes : les quick saves. Comme sur PC, une simple pression de touche (ici le stick gauche) vous permettra de sauvegarder en 1 seconde. Ainsi, avant de tenter une manœuvre risquée ou si vous vous êtes fait repérer, vous pourrez aisément revenir à la sauvegarde faite quelque temps avant. Un système dont il est recommandé d’abuser pour ne pas uniquement se contenter des sauvegardes automatiques parfois très espacées.
Autre souci, la narration. Blades of Greed propose un scénario qui fait évoluer l’univers et les personnages mais qui n’est malheureusement pas spécialement bien mis en avant. Les dialogues se contentent de simples champs/contrechamps et il y a peu d’audace de mise en scène dans les cinématiques. Le plus gros souci reste quand même le fait que ce dernier soit un peu trop dilué par la recherche de quartz.
Une recherche de quartz qui est à la fois un mal et un bien. À la base, c’est une bonne idée car ça pousse le joueur à explorer les 3 maps du jeu de fond en comble et ça permet de varier les situations, certains morceaux de quartz demandant la résolution d’objectifs annexes pour être récupérés (comme voler des clés aux gardes ou actionner des mécanismes). Le souci, c’est que ça finit par devenir vraiment répétitif. Et si ça passe bien pour les 3 premiers actes, une fois arrivé au 4e, il faut bien reconnaître qu’il y a de quoi souffler fort derrière son écran. Clairement, faire un acte de moins ou baisser le nombre d’éclats de quartz à récupérer aurait été bénéfique pour le rythme du jeu et sa narration. Le schéma étant le suivant : vous récupérez tous les morceaux de quartz disponibles sur les 3 maps, vous débloquez une mission scénarisée qui fait avancer l’histoire, fin d’un acte, on recommence. Arrivés au 4e acte, certains joueurs seront clairement lassés.

Post publié par Damzé le 02/07/2026 11:08


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