Dying Light : The Beast [Xbox Series X]
Dying Light : The Beast devait être à l’origine un DLC pour Dying Light 2 : Stay Human. Finalement, les développeurs de chez Techland ont décidé d’en faire un jeu à part entière. Une bonne idée ? Est-ce que The Beast justifie son statut de “vrai” jeu ou n’est-il qu’un gros DLC déguisé sans trop de nouveautés ? Nous allons tenter de voir ce que la bête à dans le ventre via ce test réalisé sur Series X grâce à un code fourni par l’éditeur.

Le jeu qui va traumatiser les achluophobes !
Pour ceux qui ne sauraient pas ce qu’est l’achluophobie, il s’agit tout simplement de la peur du noir. Et si vous faites parties des gens sensibles à ça et qu’en plus vous êtes membres de la team flippe quand il s’agit de jouer à des jeux d’horreur, il me semble utile de vous prévenir : Dying Light : The Beast (DLTB) va vous stresser. Certains fans avaient regretté que Dying Light 2 soit un peu moins tourné vers l’horreur que le premier. Avec The Beast, ils vont être servis. Dans la plupart des jeux vidéo ayant un cycle jour/nuit, il faut bien reconnaître que les nuits sont en général assez éclairées et peu effrayantes et à part dans une licence comme Kingdom Come, les joueurs peuvent les braver sans mal. Dans DLTB, la nuit est sombre et réaliste. Votre seule source de lumière ? Une pauvre lampe torche bien plus proche de la vieille lampe de papy Gégé avec ses piles fatiguées que d’un phare de voiture. Pourquoi tout ce laïus sur la nuit ? Simplement parce que, de mémoire récente, DLTB est l’un des jeux à proposer les nuits les plus terrifiantes.
Mais revenons un peu vers les fondamentaux, ne serait-ce que pour ceux qui ne connaîtraient pas la licence. Dying Light, c’est quoi ? Et bien c’est un mélange improbable entre du parkour, des combats viscéraux et une touche de survival horror, le tout en vue subjective. En gros, vous jouez un yamakasi qui va devoir survivre en dessoudant du zombie lors de combats âprement disputés au cours desquels vous utiliserez souvent les premiers objets qui vous tombent sous la main comme un bout de tuyaux, une clé à molette ou encore une bonne vieille pelle (toujours une valeur sûre). Le tout dans un monde post apo ou quasiment toute la population a été décimée par un virus transformant les gens en monstres. Pour les rares survivants, le constat n’est déjà pas terrible et la vie se résume à manger tous les jours une bonne grosse tartine au caca afin de survivre à tout prix. Et si ce ne sont pas les zombies qui vous tuent, ce sera sûrement un groupe d'humains sans foi ni loi. Pour Kyle Crane, le protagoniste du jeu, c’est encore pire. Il a droit à une plus grosse tartine que les autres puisqu’il a été capturé par un individu nommé le Baron et que ça fait 13 longues années que ce dernier le torture lors d’horribles expériences. Du coup, lorsque l’opportunité de s’évader se présente à lui, il n’hésite pas une seconde et se fait la belle. Petit souci, Kyle n’est pas très en forme. Les événements du premier Dying Light (dont il était le héros également) et les expériences qu’il a subies l’ont transformé. Si la plupart du temps, il semble normal, il succombe parfois à des accès de rage lors desquels il se transforme en une sorte de monstre surpuissant. Lâché dans une vallée envahie de zombies et sous la coupe du Baron et de ses hommes, Kyle n’aura alors plus qu’un seul et unique but : trouver d’autres alliés et en apprendre plus sur les agissements du Baron afin de, citons le héros en personne, « buter ce sale fils de p*** ».
Dans la peau de Kyle le poète, vous allez donc être lâchés dans la vallée de Castor Woods. Premiers constat, sans être une vitrine technologique, le jeu est plutôt beau et tourne bien avec un mode performance d’une fluidité à toute épreuve. On regrettera surtout quelques textures un peu crades présentes ça et là. La distance d’affichage, vraiment énorme, permet d’observer presque l’intégralité de la vallée dès le moindre accès à un point situé en hauteur. Une grande ville touristique en ruine, des usines abandonnées, des fermes, un parc national sont autant d’endroits que le joueur visitera lors des différentes quêtes proposées. Des quêtes aux objectifs variés et toujours scénarisées, même quand il s’agit de contenu annexe.
Clairement, les 2 grandes forces du jeu sont son ambiance et son gameplay. Une ambiance vraiment très réussie où le joueur se retrouve toujours sous tension à devoir vérifier qu’il n’y a pas de zombies à ses trousses et surtout à chercher un refuge pour la nuit car comme évoqué plus haut, la nuit dans DLTB est votre pire ennemi. Déjà parce que vous n’y voyez rien hors du petit cône lumineux qui sort de votre lampe mais en plus parce que c’est dans cette obscurité totale que sortent et rôdent les adversaires les plus dangereux : les rapaces. Ces derniers sont des créatures surpuissantes et extrêmement rapides et elles attirent toutes les autres saloperies aux alentours qui auraient envie de vous croquer. Votre seule issue ? La fuite. Courir, sur les toits, entre les arbres, jusqu’à trouver un lieu sécurisé avec des lampes à UV. Ces phases de poursuite sont stressantes, presque éreintantes si elles durent et elles vous font bien comprendre une chose : la proie, c’est vous. Que les membres de la team flippe se rassurent, la quasi-totalité des missions du jeu peuvent être réalisées en plein jour si vous restez prudent mais la nuit à quand même un avantage, l’XP gagnée y est multipliée par 2.
Forcément, qui dit XP, dit compétences. Dans DLTB, il y a 4 arbres. 3 sont liés à vos compétences de survivant. Un pour les armes et le combat, un pour le parkour et un pour le craft. Un craft qui a une place primordiale dans le jeu puisqu’il vous faudra presque tout fabriquer vous même. Des armes et munitions, en passant par des cocktails molotov ou des grenades maison ou encore des objets de soins, ce sera à vous de gérer vos stocks de ressources avec minutie. Il faudra donc fouiller les différents lieux visités ou alors échanger avec d’autres survivants. Certains lieux appelés zones sombres contiendront plus de loot intéressant mais comme leur nom l’indique, il s’agit d’endroits plongés dans l’obscurité ou des ennemis plus forts et plus nombreux que la normale vous attendent. Et enfin, il y a le dernier arbre de compétence, celui lié à votre capacité à vous transformer. Si le joueur n’a aucun contrôle dessus au début du jeu, la donne change assez vite. On acquiert par exemple la possibilité de contrôler le déclenchement de la transformation mais également tout un éventail de nouveaux mouvements. A la fin, on se sent surpuissant tel un Hulk. On envoie valser les ennemis de base par paquet de 10, on peut faire des sauts monstrueux et courir extrêmement vite en défonçant tout sur son passage. C’est bourrin certes mais aussi jouissif puisque dans ces moment là, le sommet de la chaîne alimentaire, c’est Kyle. Et pour débloquer ces compétences particulières, ce n’est de l’XP qu’il faudra (il sert pour les 3 autres arbres) mais des injections d’une certaine substance à récolter sur les chimères. Des chimères qui sont des créatures surpuissantes issues des expériences tordues du Baron et qui font office de boss. Certaines auront une force hors du commun et pourront littéralement vous envoyer des carcasses de voitures sur le coin du museau. D’autres, beaucoup plus fourbes, fuiront le combat direct et attireront vers vous tous les zombies présents dans le coin afin de vous gêner. Dans chacun de ces combats, il faudra rester prudent, jouer avec les décors et bien utiliser les armes les plus puissantes que vous aurez crafté.
Les combats du jeux, non content d’êtres d’une brutalité digne d’un Mortal Kombat (les ennemis perdent littéralement des morceaux de leurs corps quand vous les frappez), sont en plus loin d’être aussi bourrins qu’on pourrait le penser puisqu’il faudra gérer avec attention la jauge d’endurance de Kyle car chaque action en consommera une partie non négligeable. Spammer les coups ? Très mauvaise idée. Et niveau mouvement, il y a de quoi faire. Kyle peut donner des coups normaux, des coups forts chargés, il peut parer, il peut esquiver et peut également repousser avec un coup de pied. Et il ne s’agit ici que des capacités de départ. On vous recommande d’ailleurs rapidement de claquer quelques points d’XP afin d’acquérir le saut avec les deux pieds en avant. Déjà parce que si vous êtes fans de catch, vous pour pourrez hurler « par dessus la troisième coooorde » à chaque fois que vous expulserez un zombie d’un toit en l’envoyant 30 mètres plus bas sous le regard exaspéré de votre compagne mais également car c’est le moyen ultime de repousser les adversaires les moins imposant. Le parkour quant à lui est jouissif, encore plus quand on arrive à enchaîner les mouvements avec style, et surtout essentiel pour survivre car les ennemis étant constamment en surnombres, il sera très souvent plus sage d’éviter le combat. A noter que vous pourrez également utiliser des véhicules pour vous déplacer plus vite mais gare à ne pas tomber en panne d’essence. Concernant les lieux de repos, avant de devenir des points de décompression où l'on peut se reposer jusqu’au matin (ou la nuit pour les plus courageux) et crafter, il faudra les sécuriser au préalable via quelques tâches comme rétablir le courant ou condamner les issues.
N’allez pas croire pour autant qu’il n’y a que des combats au corps à corps dans le jeu. Plus les heures défileront et plus votre arsenal d’armes s’étoffera. Pistolets, fusils d’assaut, fusils à pompe, lance grenade ou encore arc de chasse sont autant d’options qui seront à votre disposition pour faire un carnage. Attention cependant car les munitions de la plupart de ces armes n’étant pas craftable (impossible de fabriquer des balles contrairement aux flèches), il faudra toujours garder un œil sur le stock de munitions.
Entre la quête principale et les quêtes annexes (assez nombreuses mais toutes scénarisée et sans aucun truc du type Fedex), il y a donc largement de quoi faire surtout que la map, sans être aussi gigantesque que celle d’un Assassin’s Creed, se veut d’une taille respectable. Niveau durée de vie, comptez facilement sur une bonne trentaine d’heures si vous voulez tout faire. La difficulté est bien dosée et propose 3 modes. Le mode normal offre un challenge intéressant et un mode difficile attend les joueurs les plus persévérants. Les membres de la team flippe ou ceux trop intimidés par le challenge de base pourront se tourner vers un mode histoire présent pour grandement leur faciliter la vie (notamment avec une gestion de l’endurance bien plus permissive et un craft simplifié).

Quelques détails qui fâchent un peu
S'il propose de très bonnes choses, DLTB n’est pas parfait pour autant. Premier détail qui fâche, l’open world est certes sympathique au début mais dépourvu de fast travel. Du coup, vers la fin du jeu, certains trajets paraîtront plus pénibles qu’autre chose. Concernant la quête principale, si l’envie de voir la fin est bien là, elle met quand même pas mal de temps à vraiment démarrer et reste bien trop basique et cliché dans son déroulé. Beaucoup de personnages sont également assez clichés et manquent d’épaisseur. Clairement, l’écriture du jeu n’est pas son point fort. La salut viendra bien plus des quêtes annexes, souvent plus intéressantes que la principale, qui proposeront parfois des histoires aussi touchantes que tristes et développeront certains personnages afin de les rendre plus attachants.
Deuxième souci : le gameplay. Jouissif dans la majeure partie des cas, il peut parfois devenir un peu irritant dans certaines situations. Le parkour a quelques ratés avec un Kyle qui va s’accrocher à la mauvaise paroi ou sauter à côté de l’endroit où l'on pensait aller. Idem pour les combats ou le coup de pied censé repousser les ennemis manquera parfois inexplicablement sa cible alors que l’on était sûr de notre coup. Le détail le plus rageant restera cependant la capacité qu’ont les zombies de base de vous attraper. Ces derniers peuvent en effet vous chopper tel un Zangief de Street Fighter et une fois que c’est fait, il vous faudra marteler la touche X pour vous dégager. On repère assez facilement quand un zombie tente ce mouvement, le souci c’est que le fait de l’éviter semble un peu aléatoire. Parfois un coup de pied ou un coup d’arme bien timé suffira, parfois la hitbox du coup manquera inexplicablement l’adversaire et le joueur se mangera la chope. Quand on se retrouve entouré de zombie qui spamment ce coup, il y a de quoi s’arracher quelques cheveux.
On pourrait aussi parler de la capacité à se transformer, sympathique et jouissive mais qui reste au final assez limitée et bien moins viscérale niveau sensation que le gameplay de base. Ce qui devait être la grande nouveauté du jeu se révèle être un ajout très sympathique mais pas inoubliable non plus.

Post publié par Damzé le 02/07/2026 10:42


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